Les États-Unis connaissent une perte inhabituelle de chercheurs expérimentés, alimentée par les coupes budgétaires, les pressions politiques et l’incertitude croissante dans les universités et les établissements de recherche. Cette tendance s’accompagne également d’une baisse marquée de l’arrivée d’étudiants étrangers en doctorat, selon les informations disponibles dans le rapport original.

Chloé Arson, une physicienne arrivée aux États-Unis en 2009 après avoir achevé ses études doctorales à l’École des Ponts et Chaussées, en France, n’avait pas prévu de quitter le pays. Après avoir travaillé pendant de nombreuses années à Georgia Tech, elle a obtenu un poste de professeure à l’université Cornell, l’un des établissements les plus prestigieux du pays.

Cette situation a changé en 2025, lorsque l’administration Trump a instauré des politiques visant à renforcer le contrôle sur la recherche et les universités. En mai de cette année-là, Cornell a reçu une lettre indiquant que les travaux d’Arson sur l’énergie géothermique et les réseaux de chaleur n’étaient plus considérés comme une priorité gouvernementale et que les financements qu’elle avait obtenus seraient suspendus.

Cornell a été confrontée à la possible perte de centaines de millions d’euros de financements fédéraux. À la fin de 2025, l’université faisait partie de plusieurs établissements de l’Ivy League ayant conclu un accord avec la Maison-Blanche. L’accord comprenait un investissement de 30 millions de dollars dans la recherche en agrotechnologie, l’abandon de certaines politiques de soutien aux minorités et des pénalités financières s’élevant à plusieurs millions de dollars. En échange, le gouvernement a débloqué la majeure partie des fonds. De nombreux professeurs ont dénoncé l’accord comme une forme d’extorsion.

Arson affirme que l’environnement de la recherche est devenu extrêmement imprévisible. Selon elle, l’accès aux financements, le recrutement de jeunes chercheurs et l’évaluation fondée sur des critères scientifiques ne sont plus garantis. Elle estime que plusieurs demandes liées à ses travaux, notamment les recherches sur l’énergie géothermique et les déchets nucléaires, ont été rejetées pour des raisons politiques.

Au début de 2026, elle a postulé à un poste à l’Université McGill, à Montréal, au Canada, et a été retenue. Elle devrait prendre ses fonctions en 2027, devenant ainsi l’une des chercheuses à transférer ses travaux de l’autre côté de la frontière nord.

La situation pourrait évoluer légèrement en fonction des résultats des élections de mi-mandat américaines du 3 novembre, mais la combinaison actuelle de réductions de financements et de méfiance envers la science a déjà déstabilisé les communautés universitaires et scientifiques du pays.

Sources: Le Monde Sciences.