Deux nouveaux livres publiés en 2026 soutiennent que l'humanité doit mettre fin à son extraction non durable des ressources épuisables de la Terre. The Vanishing Earth du historien James Crawford et The Elements of Life de la journaliste scientifique Kerstin Hoppenhaus servent d'introductions non techniques aux dommages causés par le fait que notre espèce traite la planète comme une source inépuisable. Alors que les humains ont prélevé plus de ressources au cours du demi-siècle écoulé que durant toute l'histoire précédente combinée, le taux d'extraction continue d'augmenter parallèlement à la croissance de la population mondiale.

Crawford raconte ses voyages dans cinq paysages remodelés par le forage et l'exploitation minière, s'appuyant sur une enfance influencée par le travail de son père dans les industries extractives, de l'Écosse à la Zambie. Il note que si le naturaliste romain Pline l'Ancien avait averti il y a des siècles contre l'épuisement de la terre, les opérations industrielles modernes ont créé d'immenses zones toxiques connues sous le nom de zones de sacrifice qui sont souvent inhabitables. Dans le désert d'Atacama au Chili, l'une des plus grandes réserves de lithium au monde, Crawford a observé des signes indiquant que la source de saumure s'épuise. Avec une demande de lithium censée augmenter 50 fois d'ici 2040 pour alimenter des technologies comme les véhicules électriques, les méthodes d'extraction actuelles menacent de faire s'effondrer l'écosystème plus large et d'assécher les sources d'eau pour les communautés autochtones.

La zone humide du Salar de Atacama, habitat de trois espèces de flamants roses, risque de devenir une zone morte incapable de soutenir la vie aquatique. Crawford soutient que les ressources communes sont également surexploitées, la demande mondiale en eau propre ayant doublé depuis 1960. D'ici le milieu de ce siècle, près des deux tiers de la population mondiale devraient faire face à un stress hydrique en raison de l'agriculture intensive et des sécheresses induites par le changement climatique. Les grandes villes de Chine s'enfoncent en raison de l'épuisement des nappes phréatiques, tandis que les pénuries ont mis en péril les centres urbains de São Paulo au Cap. Bien que des projets consistant à remorquer des icebergs aient été proposés, aucun n'a été mis en œuvre, laissant les luttes pour l'eau comme une source potentielle de conflits mondiaux.

Le sable, la deuxième ressource la plus utilisée au monde, est également surexploité pour le béton de construction. Dans le delta du Mékong au Vietnam, un retrait intensif a provoqué l'effondrement des terres agricoles côtières dans la rivière et l'océan. De même, l'extraction de sable au Sri Lanka a détruit les plages, exacerbant les impacts de l'élévation du niveau de la mer et augmentant la puissance destructrice des tsunamis, tandis que l'exploitation minière illégale en Inde est devenue un pilier du crime organisé. Concernant les combustibles fossiles, Crawford décrit comment le forage dans la jungle équatorienne a fait augmenter de manière précipitée les taux de cancer dans les zones polluées. Bien que l'Équateur soit devenu le premier pays à voter par référendum pour maintenir le pétrole sous terre en 2023, le forage se poursuit car la nation reste liée à son destin avec le pétrole.

Hoppenhaus examine l'azote, le phosphore et le potassium, les trois éléments vitaux pour la croissance des plantes, mettant en évidence leur rôle critique dans la nutrition de l'humanité tout en menaçant la planète. Crawford conclut que si certains dommages environnementaux sont inévitables lors de l'extraction, il n'existe pas d'extraction véritablement durable. Au lieu de cela, il appelle à une révolution de réparation pour restaurer les paysages ravagés et s'assurer que la vie peut exister après la fin de l'extraction.

Sources: Nature.